
A l’occasion des fêtes de Saint Claude de 2026, retrouver les étapes de la vie de Claude La Colombière
présentées le vendredi 13 février au soir par Robert Huet sj, jésuite à Paray le Monial :

Saint Claude La Colombière est né à Saint-Symphorien-d’Ozon le 2 février 1641. Fête de la vie consacrée, et jour où il fut baptisé.
Il fut le 3e d’une famille de 7 enfants dont 2 moururent en bas âge. Famille profondément croyante : une sœur visitandine, deux frères prêtres, un frère marié et ayant plusieurs enfants.

À l’âge de 9 ans, le jeune Claude vient à Lyon au collège de la trinité, chez les Jésuites, pour y faire ses études.

A 17 ans, Claude entra au noviciat des Jésuites à Avignon, le 25 octobre 1658. Il prononça ses vœux le 26 octobre 1660.
Puis il y resta 2 ans supplémentaires afin de parfaire ses études avant de retourner sur Lyon y faire sa philosophie.
En 1666, il va à Paris pour étudier la théologie. Il brille par son intelligence et sa maitrise de la langue française.
Il devient le précepteur des enfants de COLBERT, Ministre des Finances de Louis XIV.

Par son tact et le charme de son esprit, le Grand Ministre Colbert rassemblait dans sa maison de campagne autour du Père La Colombière les plus beaux esprits de son temps.

Claude a le don de l’amitié et toutes les qualités de foi, de sensibilité et d’intelligence pour être un prédicateur remarqué et un accompagnateur apprécié.
Colbert fut très froissé par une chanson populaire qui se moquait de lui et dont il trouva – dit-on – un exemplaire dans la chambre du Père Claude. Colbert lui retira aussitôt sa confiance et le renvoya sur le champ. C’est la première expérience de calomnie que vit Claude.
En 1670, il fut rappelé à Lyon au collège de la Trinité comme professeur de rhétorique et directeur spirituel du collège. Il devint en 1673 exclusivement prédicateur dans la chapelle du collège. Il était très apprécié, trop peut-être.

Trois ans plus tard, en 1674, Claude fait son « Troisième an de noviciat », année qui se fait à la fin des études, comme une « schola affectus », une école du cœur.
C’est le moment où il fait la retraite de 30 jours entre le 15 octobre et le 21 novembre.
Claude La Colombière se sent particulièrement vulnérable à la vaine gloire.
Pour échapper à ce piège et rester libre, il se lance dans une recherche très déterminée de la sainteté avec un souci de la perfection.
Il s’engage alors dans un « vœu du plus parfait » mais approfondissant ses limites et vulnérabilité, il commence à développer ce qui deviendra plus tard son expérience de la confiance en Dieu.
Claude est « dans le désir ardent, dit-il, que Dieu me donne de n’aimer jamais rien que lui et de conserver mon cœur libre de toute attache aux créatures,
(même) si j’étais dans une prison perpétuelle (où qu’) une calomnie m’y aurait jeté ; (cela) me semblerait une fortune incomparable,
et je ne crois pas qu’avec le secours du Ciel je m’y ennuyasse jamais.»

Le 2 février 1975, à la fin de son Troisième An, Claude est un homme d’une grande disponibilité prêt à obéir avec douceur et détermination.
Il est envoyé comme responsable de la toute petite communauté jésuite (4 sj) de Paray-le-Monial qui est relié au grand Collège de Roanne. Il sera aussi confesseur des religieuses de la Visitation.
A l’occasion du Carême, se présentant devant la communauté et donc devant Marguerite Marie, celle-ci entend le Seigneur lui dire :
« Celui dont je t’ai parlé (quelques temps avant sa venue) mon fidèle serviteur et parfait ami, c’est lui ! »

Saint Claude deviendra par la suite le premier apôtre du culte du Sacré-Cœur de Jésus.

Pendant 18 mois de présence à Paray, il s’occupa de l’école primaire municipale de Paray, il fonda l’équivalent aujourd’hui d’une équipe CVX, contribua à la création du nouvel hôpital, il prêcha et accompagna beaucoup.
Le 16 juin 1975 a lieu la grande révélation du Sacré-Cœur à la suite de laquelle Sainte Marguerite-Marie et le Père La Colombière de se consacreront à son Cœur le vendredi suivant, le 21 juin 1675.

En octobre 1676, Claude envoyé à Londres devient l’aumônier de la duchesse d’York, qui est catholique ; c’est la belle-sœur du Roi d’Angleterre Charles II.

Elle aurait voulu entrer dans le monastère de la Visitation mais le Pape Clément X (qui la guidait) l’en dissuada pour épouser le frère du roi destiné à lui succéder.
C’est un moment très agité car c’est le temps où l’Angleterre prenait ses distances envers l’Église catholique et où se forma l’Église d’Angleterre en opposition à Rome.
Le projet appuyé par Louis XIV roi de France, était donc de ramener par ce mariage et ce futur règne l’Eglise d’Angleterre dans l’Eglise catholique.
Aussi, la duchesse avait une chapelle privée catholique dans la résidence Saint-James à Londres et avait besoin d’un fort soutien spirituel.
En 1677, toujours à Londres, St Claude fit une retraite dont on a une trace aujourd’hui dans son carnet intime. A la fin il y fait allusion de sa double mission qu’il a reçu de Notre Seigneur via sœur Marguerite-Marie de servir son Sacré-Cœur.
Le 24 novembre 1678, Claude La Colombière fut arrêté à deux heures du matin au palais St James et conduit à la prison de Kings-Bench. Il fut dénoncé par un jeune français qui venait rencontrer le Père soit disant pour recevoir des conseils spirituels. Celui-ci, ne voulait que piéger le P. Claude et le dénonça pour des paroles contre le Roi Charles II et le parlement.
Le P. Claude resta en prison jusqu’au 16 décembre 1678. Il dut attendre le 28 décembre pour être libéré.

Il fut banni du royaume d’Angleterre et arriva à Paris dans les premiers jours de 1679.
Sa santé empira (Tuberculose) et lorsqu’il fut renvoyé à Lyon, ses médecins lui conseillèrent de retourner dans sa famille pour y respirer le bon air et se remettre.
C’est au collège de la Trinité (là où il fit ses études et ses premiers ministères comme prêtre) à Lyon qu’il s’installa comme Père Spirituel des jeunes scolastiques (jeunes jésuites au début de leur formation) de la Compagnie de Jésus (jésuites).
Avec discrétion, Claude ne cacha pas qu’il vivait lui-même de plus en plus un « cœur à cœur » avec le Christ. Sa manière d’accompagner était toute baignée de son expérience du Cœur de Jésus.

Ses trois dernières années sont celles d’un grand malade
dont l’état de santé se dégrade irrémédiablement mais qui, éprouvant de plus en plus son impuissance foncière,
s’en remet entièrement à Dieu, suivant les conseils inspirés de Marguerite-Marie.
Il est ainsi conduit au parfait oubli de lui-même, selon ce qu’il demandait à la fin de son acte d’offrande :
« Sacré Cœur de Jésus, apprenez-moi le parfait oubli de moi-même, puisque c’est la seule voie par laquelle on peut entrer en Vous.
Puisque tout ce que je ferai à l’avenir sera à vous, faites-en sorte que je ne fasse rien qui ne soit digne de Vous ; enseignez-moi ce que je dois faire pour parvenir à la pureté de votre amour, dont vous m’avez inspiré le désir.
Je sens en moi une grande volonté de vous plaire et une grande impuissance d’en venir à bout sans une grande lumière et un secours très particuliers que je ne puis attendre que de Vous. »
« Faites-en moi votre volonté, Seigneur.
Je m’y oppose, je le sens bien ; mais je voudrais bien ne pas m’y opposer.
C’est à Vous à tout faire, divin Cœur de Jésus-Christ ; Vous seul aurez toute la gloire de ma sanctification,
si je me fais saint ; cela me paraît plus clair que le jour ; mais ce sera pour vous une grande gloire, et c’est pour cela seulement que je veux désirer la perfection. Ainsi soit-il. »
On pensait que l’air de Paray-le-Monial serait meilleur que les brumes de Lyon. Dans l’automne 1681, il fut envoyé pour quelques mois à Paray.
Mais la tuberculose empirait. Sentant sa fin arrivée, il manifesta le désir de revenir dans sa communauté de Lyon.
Mais, sur le chemin du retour, un mot lui fut adressé où Marguerite-Marie lui disait :
« le Seigneur me fait vous dire qu’il veut le sacrifice de votre vie dans ce pays. »

Revenu immédiatement à Paray, c’est là que le 15 février 1682, premier dimanche de Carême vers 19h, il expira dans une dernière hémorragie.
Il avait 41 ans et avait exercé son ministère apostolique de prêtre seulement pendant moins de 10 ans.
Dans cette vie du P. La Colombière si courte mais si pleine, Dieu l’a uni au Christ son véritable ami.

